15 out, 2020 |
Projet de loi 181 de #CinturãoVerdeGuarani (ceinture verte Guarani) dans la ville de São Paulo

Le projet de loi (PL) 181 de 2016*, dit PL de #CinturãoVerdeGuarani, est en cours d’examen par le Conseil municipal de São Paulo et vise à instituer la politique municipale de renforcement environnemental, culturel et social de Terres Indigènes [Guarani, dans la municipalité de São Paulo]. Le PL 181 est déjà passé par un premier vote à la Chambre. Il doit encore être approuvé par un second vote et la sanction de la mairie de São Paulo.

* http://documentacao.saopaulo.sp.leg.br/iah/fulltext/projeto/PL0181-2016.pdf (en portugais)

Dans ce post, nous avons préparé quelques questions qui aident à comprendre l’importance du PL #CinturãoVerdeGuarani :

Quelles actions seraient renforcées par une politique municipale d’amélioration environnementale, culturelle et sociale des terres indigènes?

Sur nos terres proches de la périphérie de São Paulo, les communautés Guarani Mbya sont les principales responsables de la préservation, de la récupération et de la protection de la Forêt Atlantique, qui forme une ceinture verte en bordure de la ville. Voici certaines des actions qui seraient renforcées et garanties avec l’approbation du PL 181 de #CinturãoVerdeGuarani :

  • La plantation d’aliments sains et variés qui permettent la souveraineté alimentaire des communautés et garantissent la sauvegarde de variétés rares d’aliments importants. Plus la diversité génétique est grande, plus les cultures sont résistantes aux maladies.

50 variétés de patates douces, 16 variétés de maïs, 14 variétés de manioc, 10 variétés de haricots, 11 variétés de courges, et bien plus encore. Tout cela sans pesticides ou produits toxiques !


  • La réparation de zones forestières malgré un contexte de pression et de spéculation immobilière qui s’étend aux quelques zones de la ville encore préservées.

Rien qu’en 2019, plus de 300 pieds d’espèces telles que Pitanga, Cambuci, Araucária, Palmito Juçara, entre autres, ont été plantés dans les environs d’une seule des six communautés Guarani de la région nord-ouest de São Paulo.


  • La collecte, le chauffage et le filtrage de l’eau utilisée pour la vie quotidienne au moyen de matériaux simples et efficaces sur le plan énergétique.

Aujourd’hui, une des communautés les plus récentes de la Terre Indigène Tenondé Porã dispose d’un système d’eau à faible impact qui garantit une eau du robinet de bonne qualité et abondante pour toutes les maisons, y compris une douche chaude sans utilisation d’électricité. À la sortie, l’eau passe par des filtres qui utilisent les plantes pour retourner propre à la nature.


Le rétablissement et le renforcement de la relation de coopération avec les abeilles endogènes qui assurent la continuité des cycles de reproduction.

Ce sont déjà 28 ruches avec sept espèces différentes d’abeilles indigènes de la Forêt Atlantique qui sont mises en place par les Guarani.


La restructuration des visites touristiques dans les communautés comme moyen de sensibilisation environnementale et politique à la présence Guarani et à son territoire.

L’écotourisme pour visiter la rivière Capivari, la dernière rivière propre de notre municipalité, mené par les communautés, est utilisé comme un moyen de partager le savoir et la culture Guarani avec les non indigènes et de sensibiliser à l’importance de préserver les rivières et les sources, en particulier dans une ville comme São Paulo.


La mise en œuvre d’alternatives d’assainissement écologique qui résolvent beaucoup plus efficacement et à moindre coût des problèmes que le pouvoir public néglige tout simplement, en diminuant les maladies générées par la contamination des sols et en réduisant les impacts même sur les soins de santé.

Comme une partie des communautés Guarani n’ont pas accès au système d’égouts de la municipalité, des fosses écologiques, des toilettes sèches et des bassins d’évapotranspiration ont été mis en place par les communautés dans les villages pour résoudre les problèmes d’assainissement.


Comment la loi 181 de #CinturãoVerdeGuarani a-t-elle été préparée?

Ces importantes actions de préservation et de récupération de la Forêt Atlantique par la consolidation des Terres Indigènes du Jaraguá et Tenondé Porã ont été réalisées par le Programme Aldeias, une politique publique conquise par les Guarani auprès du Secrétariat de la Culture depuis 2014. Cependant, le programme et d’autres initiatives de ce type n’ont aucune garantie juridique, dépendant toujours de la bonne volonté des politiciens qui prennent en charge la mairie et de la mobilisation constante des communautés Guarani pour continuer à exister.

C’est dans cet esprit que nos dirigeants des Terres indigènes Jaraguá et Tenondé Porã, avec leurs partenaires, ont préparé en 2016 le PL 181, qui non seulement garantit en droit la continuité de ces actions, mais qui les élargit et les intègre comme une politique publique visant à renforcer les Terres indigènes présentes dans la municipalité – un moyen important de valoriser la diversité culturelle et de protéger la ceinture verte de São Paulo.

Par conséquent, pour que de telles actions soient renforcées et garanties à long terme, il est essentiel que le PL de #CinturãoVerdeGuarani soit approuvé !


Quelles sont les terres et communautés indigènes soumises à cette loi?

Les communautés des deux Terres indigènes de la municipalité de São Paulo. La Terre Indigène du Jaraguá, dans la région nord-ouest de São Paulo, et la Terre Indigène Tenondé Porã, à l’extrême sud de la ville. Les deux Terres, du peuple Guarani Mbya, ont été reconnues par des études anthropologiques de la Fondation nationale indienne (FUNAI) et déclarées plus tard par le ministère de la Justice.

Environ 800 personnes vivent sur la Terre Indigène du Jaraguá et environ 1500 sur la Terre Indigène Tenondé Porã.


Pourquoi est-il important de renforcer Les Terres Indigènes de la municipalité au niveau environnemental?

Dans l'”Atlas pour la fin du monde” (Atlas for the End of the World), une publication américaine de l’Institut de recherche urbaine de l’Université de Pennsylvanie en 2017, São Paulo figure sur une liste mondiale de 33 villes qui associent croissance urbaine accélérée et population extrêmement élevée.

L’Atlas présente les villes sur une carte montrant les zones de conflit entre une urbanisation accrue et la préservation de la biodiversité. La carte de São Paulo apparaît avec plusieurs points qui indiquent le degré maximum dans l’échelle de ce type de conflit, indiquant que les vestiges de la Forêt Atlantique dans la municipalité sont menacés.

Plus récemment, en avril 2020, le dossier “Devastação da Mata Atlântica no Município de São Paulo” (Dévastation de la forêt atlantique dans la ville de São Paulo) a été publié. Il indique qu’au cours des 5 dernières années, 7,2 millions de mètres carrés de forêt ont été déboisés dans la ville de São Paulo. Le document dénonce que chaque jour des dizaines d’arbres sont abattus de manière criminelle pour l’implantation de lotissements [souvent clôts].

La reconnaissance de notre mode de vie Guarani, le nhandereko, en tant que composante de la diversité culturelle de São Paulo, et du peuple guarani, en tant que gardien du patrimoine environnemental de São Paulo, par le renforcement environnemental des terres indigènes, va à l’encontre de la croissance urbaine désordonnée qui a entraîné une dégradation de la vie de tous les habitants de la ville. Notre territoire renforcé fonctionne comme une véritable ceinture verte de protection et comme un exemple que la vie sans destruction de l’environnement produit plus d’équilibre et d’abondance et moins de maladies et de dévastation.